Caix, un village d’histoire et de partage.

Église, patrimoine et risques

Caix n’est pas un village comme les autres : une église classée au cœur du bourg, des maisons rebâties après la Grande Guerre, un captage d’eau potable, la vallée de la Luce et des rues où l’eau de pluie ruisselle. Chacun de ces éléments entraîne des règles qu’il vaut mieux connaître avant de commencer un projet.

L’église et ses abords

L’église de l’Exaltation-de-la-Sainte-Croix est classée monument historique depuis le 16 octobre 1906. Cette protection ne s’arrête pas à l’édifice : la loi protège aussi ses abords, c’est-à-dire le cadre dans lequel on la voit.

Qu’est-ce que les abords ?

Il n’existe pas à Caix de périmètre « sur mesure ». C’est donc la règle générale du Code du patrimoine qui s’applique : est situé dans les abords tout immeuble, bâti ou non, à moins de 500 m de l’église et visible depuis elle ou en même temps qu’elle.

Qui est concerné ?

Avec un clocher d’une quarantaine de mètres, visible de presque partout, la plupart des maisons, jardins et clôtures du village sont concernés. Les champs et bois situés dans le rayon de 500 m le sont aussi.

Plan de zonage du village de Caix avec un cercle de 500 mètres autour de l’église : le cercle englobe presque tout le village, sauf l’extrémité est de la rue Maurice-Seigneurgens, le bout de la rue de Lihons et l’entrée de la rue de Guillaucourt.
Le périmètre de 500 m autour de l’église (tracé indicatif). Cliquez pour agrandir. Le tracé officiel figure au plan des servitudes du PLUi. Seul l’Architecte des Bâtiments de France apprécie la covisibilité.

Ce que cela change pour vos travaux

  • Plus de travaux soumis à autorisation : un abri de 5 m² ou moins, une petite piscine, une terrasse de plain-pied ou un mur de jardin doivent être déclarés, alors qu’ils ne le seraient pas ailleurs. Voir le tableau des démarches.
  • Le permis de démolir et la déclaration de ravalement s’appliquent partout à Caix, par décision du conseil municipal. Dans les abords, l’ABF les examine aussi.
  • Un délai d’instruction allongé d’un mois : 2 mois pour une déclaration préalable, 3 mois pour le permis d’une maison individuelle. La mairie vous le notifie dans le premier mois.
  • Un exemplaire supplémentaire du dossier est à fournir, pour l’Architecte des Bâtiments de France.
  • Le silence ne vaut pas toujours accord : si l’Architecte des Bâtiments de France a émis un avis défavorable ou un avis assorti de prescriptions, l’absence de réponse à la fin du délai vaut refus. Attendez toujours une décision écrite.

Le rôle de l’Architecte des Bâtiments de France

L’Architecte des Bâtiments de France (ABF) appartient à l’Unité départementale de l’architecture et du patrimoine (UDAP) de la Somme. Lorsque votre projet est dans les abords, la mairie lui transmet votre dossier.

  • S’il estime que le projet est visible avec l’église, son accord est obligatoire : le maire ne peut pas délivrer l’autorisation sans lui, ni s’écarter de ses prescriptions.
  • Il peut assortir son accord de prescriptions : matériau, couleur, type de menuiserie, implantation, plantations…
  • Si votre demande est refusée sur la base de son avis, vous devez d’abord former un recours auprès du préfet de région (Hauts-de-France), dans les 2 mois qui suivent le refus, avant de pouvoir saisir le tribunal administratif.
Pour mettre toutes les chances de votre côté
  • Joignez des photos de votre maison et de la rue, de près et de loin.
  • Précisez les matériaux et les couleurs (références, fiches techniques, échantillons).
  • Inspirez-vous des maisons traditionnelles voisines et des recommandations ci-dessous.
  • Pour un projet important, demandez conseil avant de déposer : à la mairie, ou directement à l’UDAP.
UDAP de la Somme5 rue Henri Daussy
CS 44407 — 80044 Amiens Cedex
Tél. 03 22 22 25 10
udap-somme@culture.gouv.fr
Bon à savoirLes petits travaux d’entretien à l’identique (démoussage d’un toit, remplacement ponctuel de tuiles ou d’éléments identiques) ne demandent pas d’autorisation. En revanche, à Caix, un ravalement de façade, même un nettoyage ou une remise en peinture, se déclare partout.

Le patrimoine repéré au PLUi

En plus de l’église, le PLUi protège à Caix quelques bâtiments et petits éléments de patrimoine, signalés en marron sur le plan de zonage. Pour ces éléments :

  • la démolition doit rester exceptionnelle (sécurité, salubrité) et nécessite un permis de démolir ;
  • les restaurations conservent ou restituent les ouvertures d’origine, avec des matériaux et des mises en œuvre analogues (façades, couvertures, cheminées, lucarnes, menuiseries) ;
  • les décors sculptés ou moulurés sont conservés ou refaits à l’identique ;
  • l’isolation se fait par l’intérieur et les équipements techniques (panneaux, ventilation…) sont intégrés à la construction ;
  • les projets voisins ne doivent pas dénaturer ce patrimoine.

Bien rénover une maison de Caix

Comme beaucoup de villages du Santerre, Caix a été en grande partie reconstruit après la Première Guerre mondiale. Façades en brique rouge, décors de brique, toits d’ardoise ou de tuile, volets battants, murets surmontés de grilles en fer forgé : ce patrimoine de la Reconstruction fait l’identité de nos rues. Le cahier de recommandations architecturales et paysagères du PLUi donne des conseils, résumés ici. L’ABF et le service instructeur s’y réfèrent.

À privilégier

  • Garder la brique apparente et ses décors (soubassements, encadrements, corniches, frises).
  • Conserver des volets battants et des menuiseries en retrait dans l’épaisseur du mur.
  • Isoler par l’intérieur les façades en brique pleine.
  • Garder une couverture uniforme, en ardoise ou en tuile.
  • Conserver ou refaire à l’identique les ferronneries (grilles, portails, garde-corps, épis de toit).
  • Pour la clôture sur rue : un muret surmonté d’une grille ajourée, ou une haie vive variée.
  • Agrandir à l’arrière ou sur le côté plutôt que sur la façade principale.
  • Combler une ouverture de ferme dans le matériau de la façade (brique) et garder les porches.

À éviter

  • Peindre ou enduire une façade de brique.
  • L’isolation par l’extérieur qui fait disparaître les décors de brique.
  • Les coffres de volets roulants visibles, qui masquent les arcs des fenêtres.
  • Les couleurs grises, pastel ou fluo, et plusieurs couleurs sur une même façade sans logique de volumes.
  • Les murs en parpaings laissés bruts et les plaques de béton (interdites par le PLUi).
  • Les cours avant entièrement bétonnées : préférez un traitement végétal.

Panneaux solaires : sur une maison de la Reconstruction, le cahier encourage leur pose en toiture. Sur une maison de maître, il déconseille les panneaux visibles depuis la rue. Dans les abords de l’église, l’ABF veille à leur bonne intégration.

Le captage d’eau potable

Caix accueille un captage d’eau potable. Pour protéger la ressource, des périmètres de protection ont été institués autour du captage par arrêté préfectoral du 8 mars 2000. Ils constituent une servitude d’utilité publique annexée au PLUi.

  • L’arrêté fixe, pour chaque périmètre, les activités et installations interdites ou réglementées.
  • Le règlement du PLUi précise que, dans les secteurs de captage identifiés au plan des servitudes, toute construction nouvelle est interdite, sauf celles qui sont nécessaires à l’exploitation et à l’entretien du captage.
Votre terrain est près du captage ?

Signalez-le dès le début de votre projet. L’arrêté et le plan des servitudes peuvent être consultés en mairie. La qualité de notre eau est un enjeu pour tous : soyez particulièrement vigilants avec les cuves, les produits de jardin et les rejets d’eaux usées.

Ruissellement, vallée de la Luce et remontées de nappe

Les axes de ruissellement

Lors des orages, l’eau des plateaux traverse le village en suivant quelques axes : rue des Écoles et rue du Pont, rue des Fleurons et rue Fontaine, ou encore le secteur de la rue de Blanc. Le PLUi les reporte sur le plan de zonage (pointillés bleus et hachures rouges) et y fixe des règles :

  • sur 5 m de chaque côté d’un axe : aucune construction ni aucun aménagement faisant obstacle à l’eau, et pas de mur bahut ni de clôture pleine ;
  • sur 10 m de chaque côté, et dans les zones à risque hachurées : pas de sous-sol, et des planchers habitables et des accès surélevés d’au moins 30 cm au-dessus du terrain et de la chaussée ;
  • pour une maison existante située sur un axe où le risque est avéré, aucun travaux ne doit aggraver l’exposition au risque.

La vallée de la Luce et les zones humides

Le fond de vallée comporte des zones humides protégées (tirets bleus sur le plan). On ne peut pas y construire, remblayer, drainer ou imperméabiliser. Près des cours d’eau et plans d’eau repérés au plan de zonage, une construction principale doit se tenir à 5 m au moins des berges, et les sous-sols sont interdits à moins de 15 m.

Les remontées de nappe

Dans les secteurs exposés aux remontées de nappe (carte en annexe du PLUi), les constructions doivent employer des techniques adaptées (drains, radier…) et il est interdit de combler un puits existant.

Les eaux de pluie de votre terrain

Partout, les eaux pluviales doivent être gérées sur la parcelle : infiltration, noue, puits d’infiltration, récupération pour l’arrosage. C’est la meilleure façon de ne pas aggraver le ruissellement chez vos voisins en contrebas.

Sols, cavités et archéologie

  • Argiles : là où l’aléa de retrait-gonflement des argiles est moyen ou fort (carte en annexe du PLUi), une étude géotechnique est obligatoire avant la vente d’un terrain constructible et avant de construire ou d’agrandir une maison.
  • Cavités : des cavités souterraines (anciennes carrières, souterrains) sont recensées dans le Santerre, surtout dans le sud de Terre de Picardie. En cas de doute sur votre terrain, une étude de sol est recommandée avant de construire.
  • Archéologie : toute découverte fortuite de vestiges (objets, ossements, maçonneries anciennes) doit être déclarée immédiatement au maire.

Pour connaître les risques à votre adresse : Géorisques, ainsi que les annexes du PLUi sur les argiles et les remontées de nappe.

Sources : Code du patrimoine (articles L.621-30 à L.621-32), Code de l’urbanisme, règlement et cahier de recommandations du PLUi de Terre de Picardie, servitudes d’utilité publique annexées au PLUi.

Page mise à jour en octobre 2026.

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