Casiacum · Caium · Caix
L’histoire de Caix, deux mille ans de mémoire
Un trésor gaulois sous les labours, un temple antique révélé par le ciel, des seigneurs partagés entre puissance et foi, un village d’usines et de champs, une source aux mille vertus et des légendes qui montent avec la brume : voici la longue histoire d’un village du Santerre.
Casiacum (latin) → Caium (latin-gaulois, « le mur, l’habitation ») → Caix
Un domaine gallo-romain au fond de la vallée, à l’emplacement de l’église
Anseau de Caix, premier seigneur ; construction de l’église
Découverte du trésor gaulois près du bois de la Wannerie
L’église classée Monument historique
Caix détruite puis libérée — le 8 août des Canadiens
Caix champion de France de longue paume (4e catégorie)
Maurice Seigneurgens, résistant caixois, fusillé à Amiens
I — Aux origines
La présence gauloise et gallo-romaine : aux origines du village
Les premières traces d’habitation à Caix remontent à la fin du Paléolithique et au début du Néolithique : des silex taillés et polis sont encore régulièrement retrouvés après les labours, notamment autour de la source du village. Mais c’est durant la période gallo-romaine que le village commence véritablement à prendre forme.
Un trésor gaulois : le « trésor de Caix »
En 1865, l’érudit local M. Leblan fit une découverte majeure près du bois de la Wannerie : un trésor monétaire gaulois accompagné d’armes en bronze. Ce trésor, conservé au musée d’Amiens sous le nom officiel de « trésor de Caix », est une preuve tangible de la présence celtique dans la région avant la conquête romaine.
Un temple révélé par le ciel
En 1965, Roger Agache, célèbre pionnier de l’archéologie aérienne, identifia à proximité du bois de la Wannerie les vestiges d’un fanum — un temple gallo-romain caractéristique du nord-ouest de la Gaule, où les anciens dieux celtes continuaient d’être honorés dans des structures d’inspiration romaine. Le plan carré de la cella (le sanctuaire central) est encore lisible, entouré d’une galerie fermée où se rassemblaient les fidèles ; une petite annexe, probablement dédiée aux sacrifices ou aux dépôts funéraires, a également été identifiée. Les pièces romaines retrouvées sur place montrent que le site fut fréquenté jusqu’au IVe siècle.
Les archéologues pensent que ce fanum était dédié au Toutatis des Ambiens, dieu tutélaire de la tribu locale — rarement nommé directement, par respect ou par tabou, mais dont un pilier découvert à Amiens livre le surnom : Veriogodumnus, « le dieu au joug puissant ». Par syncrétisme, il fut plus tard assimilé au dieu romain Mercure.
Le latifundium, ancêtre du village
Au Ier siècle, une importante exploitation agricole romaine — un latifundium — s’établit à Caix. Contrairement aux installations préhistoriques proches de la source, ce domaine fut implanté au fond de la vallée, sur le site actuel de l’église : deux mille ans plus tard, le cœur du village n’a pas bougé. Le nom même de Caix garde cette mémoire : Caium, mélange de latin et de gaulois désignant « le mur, l’habitation », symbole de l’ancrage durable de cette exploitation.
Des silex néolithiques au fanum gallo-romain en passant par le trésor de Caix, ces vestiges témoignent de l’importance de ce terroir bien avant le Moyen Âge : Caix fut un lieu de vie et de culte de très longue durée.
II — Le Moyen Âge
Les seigneurs de Caix : une histoire entre puissance et foi
Le blason originel des seigneurs de Caix, le tout premier connu pour le village, se lit : « d’argent à deux croisettes de gueules en chef et deux flanchis du même en pointe ». Il appartenait à Anseau, le premier seigneur de Caix.
Une lignée liée aux grandes dynasties
Anseau était le troisième fils du redoutable Dreux de Boves et le frère d’Enguerrand de Coucy, fondateur de la célèbre dynastie de Coucy. Selon la légende, Enguerrand aurait confié à Anseau un fragment de la Sainte Croix ramené de la Première Croisade — une tradition qui pourrait expliquer la dédicace de l’église de Caix à l’Exaltation de la Sainte-Croix.
De clerc à seigneur : un destin exceptionnel
Destiné à la prêtrise, comme c’était la coutume pour les cadets de familles nobles, Anseau débuta comme clerc au service de l’évêque de Laon. Son frère Enguerrand, pour consolider l’influence familiale, lui octroya le fief de Caix, l’une des possessions des Boves, dont le territoire s’étendait d’Amiens à Péronne. Resté profondément croyant, Anseau fit un choix rare pour un seigneur : une fois son fils Robert en âge de gouverner, il retourna à Amiens pour devenir chanoine de la cathédrale.
Le conflit entre Robert et l’abbaye de Corbie
Avant de mourir, Anseau légua son fief à l’abbaye de Corbie — un geste pieux qui déclencha une violente dispute avec son fils Robert. Refusant de se soumettre aux moines de Corbie et de Lihons, celui-ci incendia plusieurs fois Rosières, allant jusqu’à pendre un moine avec les entrailles de sa propre mule. Cette brutalité fit de lui un personnage notoire, évoqué dans la célèbre chanson de geste « Raoul de Cambrai ». Finalement vaincu, Robert quitta Caix pour servir ses cousins de la maison de Coucy, fondant la branche des Caix de Saint-Aymour ; son fils cadet, resté au village, devint « Maire » — un titre désignant alors un seigneur au service d’un maître ecclésiastique.
Une seigneurie modeste mais influente
Les seigneurs de Caix n’exerçaient que des droits limités — la petite et moyenne justice sur leurs serfs, ce qui explique l’absence de gibet au village. Leur château, en bois, fut détruit par un incendie au XVe siècle et jamais reconstruit : la rue du Château en garde aujourd’hui la trace, à l’emplacement de l’ancienne motte castrale. Le véritable château fort des environs était celui de Lihons, détruit à la Révolution. Au fil des siècles, le blason évolua, empruntant couleurs et motifs à l’abbaye de Corbie dont la seigneurie dépendait ; puis, au XVIIe siècle, la famille ruinée fut contrainte de travailler aux champs — la dérogeance, la perte du statut de noblesse. Les seigneurs de Caix redevenus paysans du Santerre.
« D’argent à deux croisettes de gueules en chef et deux flanchis du même en pointe. » Blason originel des seigneurs de Caix — blason d’Anseau
Les croisettes rappellent la croisade et la dédicace à la Sainte-Croix. Ce passé, mêlant foi, violence, guerres privées et alliances familiales, fait partie intégrante de l’identité historique de Caix — et la commune le fait revivre, jusque sur le tombereau ancien restauré par les habitants aux couleurs du blason.
III — Le vaisseau de pierre
L’église de l’Exaltation de la Sainte-Croix
Construite à partir du XIIe siècle et marquée par le gothique flamboyant — voûtes en croisée d’ogives, fenêtres ogivales —, l’église domine le village de sa tour de plus de 40 mètres, vigie du Santerre. Elle est classée Monument historique depuis 1906.
Elle a tout traversé : les fondations d’obit gravées en gothique dans sa pierre à la fin du XVe siècle, l’incendie du 26 avril 1768 — qui fit choir la tour qui s’élevait à la croisée du transept, jamais relevée depuis, ainsi que le pignon du bas-côté sud —, les destructions de 1918 — où elle servit aussi aux blessés —, et jusqu’au passage des soldats canadiens d’août 1918, dont l’un grava son nom dans l’escalier du clocher. Sa fête liturgique, le 14 septembre, donne son rythme au village depuis des siècles.
La commune poursuit aujourd’hui sa restauration : après la façade (2021-2023), la tranche 2 — couverture et gouttereau nord — est engagée pour 2026-2027, avec le soutien de l’État (DRAC), du Département de la Somme, de la Région Hauts-de-France et de la Fondation du Patrimoine, qui porte une collecte de dons ouverte à tous.
Écouter le récit de l’église
La chapelle Notre-Dame de Bon-Secours
Élégante chapelle au porche à colonnes, lieu de pèlerinage « pour les petits enfants », dévastée par les bombardements de 1918 — clocheton effondré, intérieur en ruine. Un siècle plus tard, elle est toujours là : relevée après la guerre, elle est aujourd’hui entretenue avec soin, notamment par les bénévoles de l’association Caix au Cœur de l’Histoire.
Carte postale 1918, coll. communale · photo CCH
IV — La vie d’autrefois
Le village prend forme : terres, estaminets et vin des moines
Au fil des siècles, Caix s’est développé autour de son église, véritable centre de vie. Sous l’Ancien Régime, le village était principalement agricole, avec des terres fertiles et une population attachée au travail de la terre ; les seigneurs locaux marquèrent l’organisation sociale et économique du bourg, dont témoignaient chapelles et fermes fortifiées.
En 1899, Caix comptait 26 débits de boissons pour 1 368 habitants. Chiffre à relativiser : la licence IV n’a été créée qu’en 1941 — auparavant, tout commerce pouvait vendre de l’alcool, officiellement… ou officieusement. La production locale de « goutte », de cidre et même de vin est attestée dans le village. Oui, du vin ! Un petit blanc d’une qualité très « particulière », dont on retrouve la trace jusqu’au XVIIIe siècle : visiblement, les moines de Lihons l’utilisaient comme vin de messe.
Et puis il y a la source Longue Vie, exploitée dès le XIIIe siècle et embouteillée « de façon hygiénique à la source même » au début du XXe. Les réclames lui prêtaient mille vertus : réguler reins, foie, estomac et intestins, éliminer la gravelle, soulager la goutte, les rhumatismes et le diabète… L’exploitation commerciale a cessé, mais la source reste un symbole fort de l’identité de Caix — à la frontière du patrimoine et de la légende, car c’est vers elle, dit-on, que le Karimaro attire ses victimes quand monte le brouillard.
V — Le village moderne
Caix, haut lieu de la bonneterie… et des champions
Au tournant du XXe siècle, la commune connaît une véritable effervescence industrielle. Loin d’être uniquement rurale, elle s’impose comme un centre majeur de production textile, et plus particulièrement de bonneterie : trois usines à vapeur spécialisées voient le jour sur le territoire communal, employant plus de 1 000 ouvriers venus de Caix et des villages environnants. Le ronronnement régulier des machines, la fumée des cheminées et les allées et venues des ouvriers rythment le quotidien ; les écoles se développent, les commerces fleurissent.
Parmi les grandes figures de cette époque, l’entreprise Capronnier se distingue. C’est dans ses ateliers que travaille Georges Laignel, bonnetier de métier et père du futur instituteur Marius Laignel, figure locale bien connue, tombé au champ d’honneur pendant la Première Guerre mondiale. Il ne reste aujourd’hui que quelques traces de cette époque florissante, mais la mémoire des ouvriers et de leur savoir-faire continue de vivre à travers les archives et le travail de mémoire local. Caix n’était pas seulement un village de champs : c’était aussi un village d’usines, de machines et de mains habiles qui tissaient le progrès.
Cette modernité se lit aussi sur la place plantée d’arbres, où l’on dispute des parties de longue paume, le sport traditionnel picard. Et pas pour rire : Harle junior, président de la société, est champion de France de 1re catégorie dès 1901, et Caix décroche le titre de champion de France de 4e catégorie en 1932. Un siècle plus tard, la tradition sportive continue avec le FC Caix et le Parc des Sports et des Loisirs Maurice Desjardin.
La bonneterie
Trois usines à vapeur au village — une petite capitale textile au milieu des blés, un brassage social intense et un sentiment de modernité rare en milieu rural.
Entreprise Capronnier, entre autres
La longue paume
Le jeu de gagne-terrain à la raquette, ancêtre picard du tennis. Titre national par équipe en 1932, champion de France individuel en 1901.
Harle junior · Seigneurgens · Boulanger · Lefèvre · Bourdon · Lejeune
VI — Les épreuves
Deux guerres, et un village qui se souvient
La Première Guerre mondiale : une page tragique
Pendant la Grande Guerre, Caix se retrouva au cœur des combats. La commune subit de violents bombardements : point stratégique pour les troupes alliées, elle fut aussi une zone de destruction intense, et les ruines d’époque témoignèrent longtemps des horreurs de cette période. L’hôpital de campagne installé dans l’école des filles est resté dans les mémoires : c’est là que le prince Louis Murat, descendant du maréchal d’Empire, trouva la mort en 1916, veillé par l’infirmière Lucie Morel, figure emblématique de Caix. Le 8 août 1918, le village fut libéré par la 1re Division canadienne au premier jour de la bataille d’Amiens. De nombreux soldats tombèrent ici : leurs sacrifices sont honorés dans les cimetières militaires du village, et le monument aux morts porte 81 noms — « Caix à ses enfants, gloire et honneur ».
La Seconde Guerre mondiale : résistance et courage
Caix connut une nouvelle période sombre, mais fut aussi le théâtre d’actes de bravoure. Le résistant Maurice Seigneurgens, natif de Caix, incarne cet esprit de lutte : membre des FTP (Francs-Tireurs et Partisans), il participa à des sabotages contre l’occupant. Capturé, il fut fusillé en 1943 à la citadelle d’Amiens ; son nom est aujourd’hui gravé dans nos mémoires et nos rues. Et de nouveau Lucie Morel — « Mme Deschamps » dans la clandestinité — qui aida à l’évasion d’aviateurs américains le 27 mai 1944. Deux guerres, une même leçon de courage.
Écouter la dernière lettre de Maurice Seigneurgens
Avant d’être fusillé par les Allemands à la citadelle d’Amiens, Maurice Seigneurgens écrivit une dernière lettre aux siens. Sa lecture, à voix haute, est l’un des moments les plus forts de la mémoire du village.
Lucie Morel
Infirmière de la Croix-Rouge en 14-18, résistante en 39-45. La grande figure féminine de Caix — son panneau du parcours mémoriel fut le premier inauguré.
Maurice Seigneurgens
Résistant FTPF fusillé à 24 ans à la citadelle d’Amiens. Son nom est gravé au Mémorial de la citadelle — et sur la plaque de sa rue, à Caix.
Caix et le Canada : une page entière
La libération du 8 août 1918, le cimetière de Manitoba, le soldat du clocher, la stèle Cuttle-Leckie, les Gardiens de la mémoire et l’exposition en 14 panneaux : cette histoire-là a sa propre page.
VII — Un patrimoine préservé
Ce que les guerres n’ont pas emporté
Malgré les ravages des guerres, Caix a su conserver un riche patrimoine. Parmi les monuments et témoins emblématiques :
L’église de la Sainte-Croix
Reconstruite et rénovée après les destructions, elle témoigne de l’importance de la foi dans la vie du village — et poursuit aujourd’hui sa restauration.
Les chapelles rurales
Elles parsèment les alentours et rappellent l’histoire religieuse de la région — de la chapelle de la rue du Moulin à Notre-Dame de Bon-Secours, relevée après 1918 et toujours veillée.
Les vestiges agricoles
Anciennes fermes, cours carrées et moulins, symboles du passé agricole de Caix — et le tombereau ancien restauré par les habitants aux couleurs du blason.
Les cimetières militaires
Britannique, canadien (le cimetière de Manitoba), français et allemand : quatre cimetières militaires veillent sur le territoire de la commune.
VIII — Quand monte la brume
Nos légendes
Les textes suivants sont des adaptations issues d’un recueil folklorique de 1867 et du journal d’un ancien habitant du canton qui a collecté les légendes orales du Santerre. On les raconte comme on les a reçues — sans les prendre pour de l’histoire, mais sans les perdre non plus.
« Les loups-sorciers de Caix »
La période au lendemain de la chute de l’Empire fut très troublée pour le territoire. Entre les occupants prussiens et l’insécurité née de la présence des redoutables « chauffeurs » — une troupe de brigands qui firent régner la terreur —, les temps étaient durs. Pour se défendre, les habitants de Caix établirent des rondes de nuit… jusqu’en 1831 !
C’est au cours de ces rondes qu’un incident curieux fut rapporté. Pendant plusieurs nuits, trois loups suivirent les miliciens. Leurs attitudes étonnaient : ils ne semblaient pas craindre le feu, évitaient les jets de pierres, mais fuyaient devant les fusils. À plusieurs reprises, ils se seraient tenus sur leurs pattes arrière. Ils suivaient les villageois sans faire mine de les attaquer, mais grondaient dès qu’ils s’approchaient du bois des carrières.
Au bout de trois jours, M. X (hélas, le nom est illisible sur le document) décida, de jour, de se rendre au bois des carrières pour chercher des traces du passage des bêtes. Il y découvrit une cabane, du genre de celles que fabriquent les ouvriers agricoles itinérants. À l’intérieur : trois galetas posés sur un banc de fortune, et dans les sacs, des « cailloux percés ». Il fit aussitôt venir ses hommes pour abattre la cahute ; les cailloux, eux, furent portés au curé de la paroisse pour être bénis.
Les loups ne furent plus jamais revus sur la commune. Certains, aujourd’hui encore, prétendent qu’il s’agissait des derniers loups-sorciers de la région…
« Le Karimaro »
Quérimèro, Carimaro et Chorchèle sont les noms d’une créature du folklore picard qui peut prendre bien des formes — sorcière, cheval blanc… — mais qui a toujours pour finalité de capturer des âmes pour les mener en enfer. Dans le Santerre, il prend un aspect particulier.
Le Karimaro apparaît sous la forme d’un berger : ses sabots sont noirs, ses ongles longs, et sous les bords de son large chapeau, les longues mèches de cheveux dissimulent mal deux petites cornes de bouc.
Il porte sur son dos un pipasso — la cornemuse traditionnelle picarde, extrêmement populaire et ancienne. Quand il en joue, une brume jaillit de son bourdon (le tuyau de la cornemuse), une brume dense qui envahit peu à peu les environs : les malheureux pris dans ce brouillard surnaturel se rapprochent de l’endroit d’où émane la musique, et le Karimaro les entraîne alors vers une source pour les y noyer et emmener leurs âmes en enfer.
À Caix, on évite la source lorsque le brouillard monte.
« Les cloches d’Enguillaucourt »
Avez-vous entendu les cloches d’Enguillaucourt ? Entre Guillaucourt, Harbonnières et Caix existait un village, petit mais prospère, du nom d’Enguillaucourt.
On raconte qu’à l’époque, les Espagnols s’attaquaient à tous les villages sans protection. Aussi les habitants d’Enguillaucourt décidèrent-ils d’acheter de nouvelles cloches pour sonner le tocsin dès que l’on repérerait les redoutables tercios. La tâche de surveiller les abords fut confiée à un pauvre de la paroisse. Hélas, ce dernier était un ivrogne : il passait ses journées au sommet du clocher à boire, sans surveiller les environs.
Et une nuit, les Espagnols passèrent à l’attaque. Se faufilant dans le village sans surveillance, ils passèrent au fil de l’épée tous ceux qu’ils croisaient. Réveillé par les hurlements de ses voisins, l’homme s’aperçut de l’ampleur de sa négligence. Terrassé par la culpabilité, il se pendit aux cordes des cloches : un long glas retentit alors sur le village en flammes.
Depuis, on dit que l’on peut encore entendre les cloches d’Enguillaucourt : si elles sonnent le tocsin, c’est pour prévenir d’un grand danger ; si c’est le glas, c’est pour avertir les pécheurs de se repentir.
Enguillaucourt est l’un des nombreux villages du territoire disparus au fil des siècles. Sa lente agonie a marqué les esprits — d’autant qu’on peut effectivement entendre des « cloches fantômes » à Caix !
IX — Et aujourd’hui
Un village tourné vers l’avenir
Aujourd’hui, Caix est une commune qui mêle tradition et modernité. Tout en honorant son passé, le village se concentre sur son développement, avec des projets visant à améliorer la qualité de vie de ses habitants : infrastructures modernes, activités culturelles et soutien aux associations locales.
Les commémorations — du 11 novembre au 8 août —, les fêtes locales, le parcours mémoriel et patrimonial qui déploie ses panneaux à travers le village, et les efforts pour préserver le patrimoine, comme l’église en restauration, illustrent l’attachement des habitants à leur histoire et à leur territoire. Les enfants du village veillent désormais sur « leurs » soldats, et les cimetières accueillent chaque année des familles venues du bout du monde.
Caix est plus qu’un village : c’est une communauté unie par une histoire forte et un avenir prometteur. Que vous soyez résident ou de passage, cette commune vous invite à découvrir ses richesses et à partager l’héritage de ceux qui ont bâti et défendu ce lieu au fil des siècles.
Vous détenez des documents, photographies, cartes postales ou souvenirs de famille liés à Caix ? La mairie les accueille avec gratitude : chaque pièce enrichit ce récit commun.
« Caix à ses enfants — Gloire et honneur. » Monument aux morts — 81 noms