8 août 1918 — pour toujours
Caix et le Canada, une histoire de fraternité
Le 8 août 1918, des soldats venus des prairies du Manitoba, de la Saskatchewan, de Colombie-Britannique et d’Ontario ont rendu sa liberté à notre village. Cent-huit ans plus tard, Caix veille sur leurs tombes, grave leur mémoire et tend la main à leur pays.
On 8 August 1918, Canadian soldiers gave our village back its freedom. Caix has never forgotten — and never will.
9 mai : le crash Leckie–Cuttle · 8 août : la libération canadienne · août : création du cimetière de Manitoba
Regroupement des sépultures au Caix British Cemetery
Inhumation des « Hallu Eight », huit soldats canadiens retrouvés, en présence de leurs familles
Première commémoration du 8 août au cimetière de Manitoba — désormais annuelle
I — Le jour de la délivrance
8 août 1918 : les Canadiens libèrent Caix
À 4 h 20, dans le brouillard de l’aube, plus de 2 000 canons ouvrent le feu à l’est d’Amiens. C’est le début de la bataille d’Amiens, que le général allemand Ludendorff appellera « le jour noir de l’armée allemande ». Au centre du dispositif allié : le Corps canadien.
En début d’après-midi, les 10e bataillon (Calgary) et 7e bataillon (Colombie-Britannique) de la 1re Division canadienne prennent Caix d’assaut « à la carabine et à la baïonnette », sans chars ni appui d’artillerie notable — un exploit quasi sans pertes, qualifié dans les journaux de guerre canadiens de record presque unique dans l’histoire militaire du Canada. L’avancée du jour, environ treize kilomètres, est alors la plus grande réalisée en une seule journée par l’armée britannique de toute la guerre.
Le prix, pourtant, sera lourd. Les 9, 10 et 11 août, les combats se poursuivent à l’est du village, vers Vrély, Rosières et Hallu. La 2e Division canadienne perd 117 officiers et 2 360 hommes en trois jours. Beaucoup de ces soldats reposent aujourd’hui dans la terre de Caix.
Le village lui-même devient un immense poste de secours : l’ancien hôpital, l’église, les fermes accueillent les blessés canadiens, britanniques… et allemands. Le soir du 9 août, une bombe d’avion frappe le poste de secours de la sortie est du village (actuel 50 rue Maurice-Seigneurgens), tuant douze hommes — un épisode aujourd’hui documenté grâce aux mémoires d’un survivant, publiés par son petit-fils, l’écrivain David Gibbins.
« Sans l’aide de chars ni de cavalerie, l’infanterie prit d’assaut et s’empara de CAIX à la carabine et à la baïonnette. » Journal de guerre, 2e Brigade d’infanterie canadienne, août 1918
II — La terre qui se souvient
Cinq lieux relient Caix au Canada
Le cimetière de Manitoba
Créé en août 1918 pour les soldats tombés lors de la libération, il doit son nom à la province d’origine des hommes du 8e Bataillon. Dessiné par l’architecte William Harrison Cowlishaw.
120 sépultures — dont 118 canadiennes
Le Caix British Cemetery
373 sépultures du Commonwealth, regroupées après-guerre. En mai 2015, huit soldats canadiens retrouvés sur le champ de bataille — les « Hallu Eight » du 78e Bataillon — y ont été inhumés en présence de leurs familles.
373 sépultures · cérémonie de 2015
La stèle Cuttle – Leckie
La pierre qui porte les noms des deux aviateurs du 49e Escadron tombés à Caix le 9 mai 1918 : le pilote canadien George Arthur Leckie et son observateur australien George Robin Cuttle, MC. Un panneau d’information du parcours mémoriel, inauguré parmi les premiers, raconte leur histoire sur place. Le 23 avril 2026, la famille Cuttle, venue d’Australie, s’y est recueillie en cortège, au son du Last Post.
Stèle des deux aviateurs · cérémonie du 23 avril 2026
Le clocher de l’église
Dans l’escalier en colimaçon, un soldat du 78e Bataillon (Winnipeg Grenadiers) a gravé son nom dans la pierre le 14 août 1918 — six jours après la libération. Son histoire a été entièrement reconstituée par la commune.
Gravure du 14/8/18 — voir ci-dessous
Hillside & le Mémorial canadien
Le cimetière canadien de Hillside et le Mémorial canadien de Le Quesnel complètent ce paysage du souvenir : c’est là que s’ouvre, chaque 8 août, la cérémonie commune aux deux villages.
Cérémonie conjointe Caix – Le Quesnel
III — Une signature dans la pierre
Le soldat du clocher : E. C. Little, Winnipeg Grenadiers
En gravissant l’escalier du clocher, on découvre, gravées à la main dans la craie, cinq lignes laissées par un jeune fermier du Manitoba. L’enquête menée par la commune dans les archives canadiennes (Bibliothèque et Archives Canada, CWGC, journaux de guerre) a permis de l’identifier avec certitude.
Evelyn Charles Godson Little, matricule 2114988, est né le 31 décembre 1896 à Isabella (Manitoba), fils de cultivateur. Engagé volontaire à Winnipeg en février 1917, il rejoint le 78e Bataillon — les Winnipeg Grenadiers — en France en avril 1918. Le 14 août 1918, son bataillon est en réserve au bois de Caix, à quelques centaines de mètres de l’église : c’est ce jour-là qu’il monte dans la tour — en observation ou au repos — et y laisse son nom.
Trois semaines plus tard, sur la ligne Drocourt-Quéant, il est blessé par éclats d’obus. Il meurt de ses blessures le 9 septembre 1918, à 21 ans selon son dossier d’engagement. Nommé lance-caporal par un ordre publié après sa mort, il a gravé la pierre comme simple soldat et repose comme gradé au cimetière britannique de Ligny-Saint-Flochel (Pas-de-Calais). La commune recherche aujourd’hui ses collatéraux au Manitoba pour les inviter à Caix.
Ses camarades d’engagement des mêmes semaines à Winnipeg — les hommes des « Hallu Eight », tombés à Hallu les 10 et 11 août 1918 et retrouvés en 2006 — reposent, eux, au Caix British Cemetery. La signature du clocher et ces huit tombes racontent la même histoire : celle des garçons des Prairies venus mourir dans le Santerre.
78TH
CANADA
DECKER, MAN.
14/8/18
IV — Des noms, des visages
Quelques-uns des Canadiens de Caix
Lt George Arthur Leckie
Pilote né à Vancouver le 11 décembre 1894, fils d’une grande famille industrielle de Colombie-Britannique (le « Leckie Building » de Gastown en témoigne encore). Son avion DH.9, attaqué par quatre appareils allemands au retour d’une mission sur Péronne, s’écrase à Caix le 9 mai 1918. Mort à 23 ans, sans tombe connue.
Mémorial des services aériens d’Arras
Lt George Robin Cuttle, MC
L’observateur de Leckie, géant australien de plus de deux mètres, décoré de la Military Cross. En sa mémoire, sa famille fonda en Australie la ville de Robinvale (« Adieu Robin »), dont le centre s’appelle… Caix Square. Deux continents liés par un champ de Caix.
Mort à 22 ans, avec son pilote
Lt Robert James Allan, MC MM
Employé de la Banque de Montréal né à Weston (Ontario), titulaire de la rare double bravoure — Military Medal comme soldat, Military Cross comme officier. Tué à Caix le 11 août 1918, à 22 ans.
Cimetière de Manitoba, tombe C.9
LCol Thomas Head Raddall, DSO
Commandant du 8e Bataillon (Winnipeg Rifles), ancien enfant-tambour des Royal Marines et tireur olympique en 1908, tombé le 9 août 1918 en menant ses hommes vers Hatchet Wood. Son fils, le grand romancier canadien Thomas H. Raddall, est venu se recueillir à Caix en 1958 : le journal de ce voyage, retrouvé par la commune, a inspiré la cérémonie inaugurale.
Cimetière de Manitoba, tombe A.4
Les « Hallu Eight »
Huit soldats du 78e Bataillon tombés à Hallu les 10-11 août 1918, découverts par Fabien Demeusere, identifiés puis inhumés avec les honneurs au Caix British Cemetery en mai 2015, devant leurs familles venues du Canada.
Caix British Cemetery
Le North Saskatchewan Regiment
Ce régiment canadien actif (Saskatoon / Prince Albert) perpétue des unités enterrées à Manitoba. Ses soldats ont fleuri nos tombes à l’été 2026, et son chef de corps, le lieutenant-colonel Scott Carlson, a adressé à Caix une lettre lue devant les tombes le 8 août 2026.
5th Bn · 1st C.M.R.
Le 23 avril 2026, la commune a rendu hommage à ses deux aviateurs devant leur stèle, en présence de la famille Cuttle venue d’Australie — preuve que ces liens traversent les générations et les océans. Le 9 mai, date du crash de Leckie et Cuttle, et le 8 août, date de la libération, rythment désormais le calendrier du souvenir de la commune, aux côtés des cérémonies nationales.
V — Le rendez-vous annuel
La commémoration du 8 août au cimetière de Manitoba
Le 8 août 2026, pour la première fois, Caix et Le Quesnel ont organisé ensemble une cérémonie du souvenir sur les lieux mêmes de la libération — avec l’accord du Canada pour ses lieux de mémoire. Environ 150 personnes y ont pris part.
Le Canada était représenté par Mme Danica Arseneault, directrice principale des Opérations commémoratives internationales d’Anciens Combattants Canada, accompagnée d’une jeune guide originaire de la Saskatchewan. Des gerbes ont été déposées sur chaque site, la lettre du North Saskatchewan Regiment a été lue en français et en anglais devant les tombes, et un extrait d’Albert Londres sur le « désert de la Somme » de 1918 a été lu dans les deux langues.
Moment le plus poignant : les enfants du village, « Gardiens de la mémoire », ont accompagné la représentante du Canada jusqu’aux tombes de leurs soldats pour y déposer des bouquets de blé et de coquelicots. Chaque Gardien veille sur un soldat, lit son nom à la cérémonie et reçoit un diplôme, une fleur du souvenir et un petit drapeau canadien.
Un hymne original, « Caix se souvient », composé au village en hommage à deux soldats tombés à Caix, accompagne désormais ce rendez-vous. La cérémonie est annuelle : rendez-vous chaque 8 août.
- 10 h 00Mémorial canadien de Le Quesnel — dépôt de gerbes, recueillement
- 11 h 00Cimetière de Manitoba, Caix — lecture des noms par les Gardiens de la mémoire, lettre du North Saskatchewan Regiment, gerbes du Canada et des communes
- EnsuiteVerre de l’amitié et exposition « Les Canadiens à Caix »
Les Gardiens de la mémoire 2026
VI — Raconter pour transmettre
« Les Canadiens à Caix » : une exposition en 14 panneaux
Réalisée par la commune pour la commémoration du 8 août 2026, l’exposition retrace en quatorze panneaux (format A3 paysage, charte crème, coquelicot et bronze) le lien qui unit Caix au Canada — du grand récit de la libération aux destins singuliers des soldats du cimetière de Manitoba. Fidèle à la règle que s’est fixée la commune, elle ne repose que sur de vraies archives et de vraies photographies : dossiers militaires, journaux de guerre, registres de la CWGC, clichés d’époque.
Les Canadiens à Caix
Panneau d’ouvertureLe seuil de l’exposition : pourquoi un village de la Somme consacre une exposition entière au Canada. On y pose le décor — le Santerre, l’été 1918, un village occupé depuis l’offensive allemande du printemps — et la promesse du parcours : suivre les hommes venus de 7 000 kilomètres pour rendre Caix à la France, du grand récit de la bataille jusqu’aux visages, un par un.
Le Canada et le Manitoba
Un pays jeune, une province des PrairiesQui étaient ces soldats avant d’être des soldats ? Ce panneau présente le Canada de 1914 — un dominion jeune qui lèvera plus de 600 000 hommes — et le Manitoba, province des Prairies faite de fermes, de hameaux et de familles pionnières comme celle du soldat Little (Isabella, Decker). C’est ce nom de province, porté par les libérateurs, que la carte de Caix a fait sien : notre cimetière s’appelle Manitoba.
Winnipeg et les Winnipeg Rifles
La ville d’où venaient nos libérateursWinnipeg, capitale du Manitoba et grande gare des Prairies, a donné à Caix ses deux bataillons de cœur : le 8e Bataillon, issu des Winnipeg Rifles — celui du lieutenant-colonel Raddall et du soldat Geelan, celui qui libère le village —, et le 78e Bataillon des Winnipeg Grenadiers, celui du soldat du clocher et des Hallu Eight. Une ville canadienne entière se reflète dans nos stèles.
Le 8 août 1918 — la libération de Caix
La bataille d’AmiensÀ 4 h 20, dans le brouillard, 2 000 canons ouvrent le feu : c’est le « jour noir de l’armée allemande ». En début d’après-midi, les 10e et 7e bataillons canadiens prennent Caix « à la carabine et à la baïonnette », presque sans pertes — un exploit rare dans l’histoire militaire canadienne. Le panneau suit l’avancée record de treize kilomètres, heure par heure, cartes de tranchées à l’appui, et rappelle le prix payé les jours suivants, de Vrély à Hallu.
Le cimetière de Manitoba
Le panneau de la CWGCEn pleine campagne, à 2,5 km au sud du village : 120 sépultures, dont 118 canadiennes, dans un enclos créé dès août 1918 pour les morts de la libération et dessiné par l’architecte William Harrison Cowlishaw. Le panneau reprend et explique celui de la Commonwealth War Graves Commission — la carte du front occidental, le fonctionnement des stèles, les insignes régimentaires — et raconte comment ce coin de la Somme a reçu le nom d’une province canadienne.
Le soldat du clocher — Evelyn Little
78e Bataillon · Winnipeg Grenadiers · mort de ses blessures le 9 septembre 1918E. C. LITTLE · 78TH · CANADA · DECKER, MAN. · 14/8/18
Le cœur de l’enquête communale. Un jeune fermier du Manitoba grave son nom dans l’escalier du clocher le 14 août 1918, pendant que son bataillon, au repos après les durs combats de Hallu, bivouaque au bois de Caix — le journal de guerre de la 12e Brigade en atteste, jour par jour. Identifié grâce à son dossier militaire complet, Evelyn Charles Godson Little, matricule 2114988, meurt de ses blessures trois semaines plus tard, à 21 ans. Il repose à Ligny-Saint-Flochel ; sa signature, elle, est restée à Caix.
Le nom sans tombe — Robert Geelan
8e Bataillon · tué le 9 août 1918 · 22 ansAu cimetière de Manitoba, une stèle se tient à l’écart, tournée vers le mur d’enceinte : un « Special Memorial ». Le soldat Robert Henry Geelan repose bien dans l’enclos, mais l’emplacement exact de sa tombe s’est perdu dans le chaos des inhumations de bataille. Sa pierre porte l’inscription choisie par Rudyard Kipling pour ces cas déchirants : « Their glory shall not be blotted out » — leur gloire ne sera pas effacée. Même bataillon, même jour que le colonel Raddall : deux destins du 8e, à quelques pas l’un de l’autre.
Ceux que la terre n’a pas séparés — Frye & Hooppell
14e Bataillon · Royal Montreal Regiment · tués le 18 août 1918Une tombe double, isolée des grandes rangées du 8-11 août : les soldats Eraytus Howard Frye et James Hugh Hooppell, du Royal Montreal Regiment, tombés ensemble le 18 août 1918 — dix jours après la libération. Leur position même raconte quelque chose que l’on oublie : la guerre a continué autour de Caix bien après la délivrance du village. Un post-scriptum au drame, et deux camarades que la terre n’a pas séparés. Le soldat Hooppell est aujourd’hui veillé par un Gardien de la mémoire.
Le cavalier gallois — W. G. Paish
17th Lancers · tué le 8 août 1918 · tombe A.25DEATH OR GLORY
Parmi cent-dix-huit Canadiens, deux tombes britanniques — dont celle du lance-caporal W. G. Paish, cavalier des 17th Lancers, les « Death or Glory Boys », tombé le jour même de la libération, quand la cavalerie s’élança enfin en terrain découvert. Sa mémoire est aussi honorée à Angle, dans le Pembrokeshire, au pays de Galles. Un cavalier parmi les fantassins : le panneau raconte ce que fut la charge du 8 août, et pourquoi un Gallois repose sous un nom de province canadienne.
La pierre sans croix — Wellington Dennis
5e Bataillon (Saskatchewan) · tué le 9 août 1918 · 24 ansUne stèle sans emblème religieux : celle du soldat Wellington M. Dennis, de Weyburn (Saskatchewan). À la place de la croix, sa famille a fait graver une épitaphe personnelle au pied de la pierre — un choix que la CWGC respectait scrupuleusement. Le panneau en profite pour éclairer, sans surinterpréter, la vie spirituelle du Corps canadien : la diversité des confessions, le rôle des aumôniers au front, et la liberté laissée à chaque famille de dire l’adieu à sa manière.
Le lieutenant-colonel Raddall — l’officier
8e Bataillon · DSO · tombé le 9 août 1918 · tombe A.4Le soldat à l’honneur de la première commémoration. Ancien enfant-tambour des Royal Marines, tireur aux Jeux olympiques de Londres en 1908, décoré du Distinguished Service Order, Thomas Head Raddall commande le 8e Bataillon — les Winnipeg Rifles — à travers les blés mûrs du Santerre. Le 9 août 1918, au lendemain de la libération, il tombe en menant ses hommes vers Hatchet Wood. Il repose à quelques centaines de mètres de là, dans le cimetière que la tradition attribue au nom donné par l’aumônier : Manitoba.
Raddall — le fils, le père et la terre de Caix
Le pèlerinage de 1958Le fils du colonel, Thomas H. Raddall, devint l’un des grands romanciers du Canada. En 1958, quarante ans après, il traversa l’Atlantique pour se recueillir sur la tombe de son père, au milieu des champs de Caix — et consigna ce pèlerinage dans un journal de voyage que la commune a retrouvé. Ce panneau raconte cette transmission-là : un fils devant la stèle d’un père, l’écriture comme relève de la mémoire, et le village qui, un demi-siècle plus tard, reprend le flambeau.
Les Gardiens de la mémoire
Les enfants de Caix et « leurs » soldatsLe panneau de l’avenir : chaque enfant volontaire veille sur un soldat du cimetière de Manitoba, apprend son histoire, lit son nom à la cérémonie du 8 août et dépose sur sa tombe un bouquet de blé et de coquelicots. Il reçoit un diplôme de Gardien de la mémoire, une fleur du souvenir et un petit drapeau canadien. En 2026, cinq premiers Gardiens — Honoré, Louis, Ambroise, Timothée et Simon — ont ouvert la voie.
Remerciements & partenaires
Panneau de clôtureL’exposition se referme sur ceux qui la rendent possible : les communes de Caix et de Le Quesnel, le Souvenir Français, l’association Caix au Cœur de l’Histoire, Anciens Combattants Canada, la Commonwealth War Graves Commission, le North Saskatchewan Regiment — et les familles, d’ici et du Canada, qui confient leurs souvenirs. Une invitation, aussi : signaler tout document, toute photographie, tout lien de parenté avec un soldat du secteur.
L’exposition est visible lors des grands rendez-vous communaux ; les quatorze panneaux constituent aussi la base documentaire des visites du clocher et des cimetières. Pour l’accueillir dans votre commune ou votre école : contactez la mairie.
VII — Et demain
D’un devoir de mémoire à une amitié vivante
La mémoire n’est un devoir que si elle prépare une amitié. Caix souhaite désormais engager un jumelage avec une commune du Canada, idéalement de la Saskatchewan ou du Manitoba, provinces d’origine des soldats qui reposent chez nous. Des pistes symboliques existent déjà — des localités liées aux hommes du cimetière de Manitoba — et la commune a sollicité les conseils de l’ambassade du Canada.
Caix invite aussi les familles et descendants des soldats canadiens tombés dans le secteur à se faire connaître : un registre des descendants est tenu par la mairie, et chaque 8 août leur est ouvert. Venir à Caix, c’est retrouver le nom d’un aïeul sur une stèle blanche, au milieu des blés — et un village qui le connaît.
Enfin, le village continue de chercher : la famille du soldat Little au Manitoba, les témoignages, les photographies, les lettres. Chaque document reçu — comme les mémoires du caporal Verrinder transmis par David Gibbins — enrichit ce récit commun.
« Chaque enfant veille sur un soldat. Chaque soldat a retrouvé un village. » Gardiens de la mémoire, Caix, 8 août 2026