Caix rend hommage à Lucie Morel,

au lieutenant George Robin Cuttle

et au lieutenant George Arthur Leckie

Trois destins, une mémoire partagée — Une journée d’exception dans le Santerre

Le 23 avril 2026, le village de Caix a vécu une journée historique. Plus de 250 personnes — habitants, élus, délégations françaises et internationales — se sont rassemblées pour rendre hommage à trois figures longtemps méconnues, liées à jamais à notre village : Lucie Morel, infirmière et résistante, le lieutenant australien George Robin Cuttle et le lieutenant canadien George Arthur Leckie. Une journée portée par dix mois de travail, couverte jusqu’en Australie, et qui marquera durablement la mémoire de Caix.

Trois destins liés à jamais à Caix

Lucie Morel (1880 – 1971) — L’infirmière, la résistante, la dame aux sacs

Née en 1880 à La Panneterie, maison familiale de Caix, Lucie Morel a traversé deux guerres mondiales sans jamais quitter sa terre natale. Infirmière de la Société de Secours aux Blessés Militaires, devenue Croix-Rouge Française, elle a officié à l’école des filles du village, transformée en hôpital de campagne dès 1914. Elle y soignait sans relâche — jour et nuit, sans distinction de rang ni de nationalité.

En août 1916, lors de la Bataille de la Somme, elle accompagna dans ses derniers instants un blessé d’exception : Louis Napoléon Murat, descendant du Maréchal Murat, arrière-arrière-petit-neveu de Napoléon Ier. Lorsque la famille Murat vint récupérer le corps et voulut la remercier, Lucie Morel fit une seule demande : qu’on dépose sur la tombe du prince, à Lihons, un bleuet, une marguerite et un coquelicot — les fleurs des champs de France.

Pendant l’Occupation, cette femme discrète et apparemment inoffensive entra en résistance. Sous le pseudonyme de « Madame Deschamps », elle intégra un réseau de renseignement de l’Armée française. Elle observait, mémorisait, transmettait. Elle guida des aviateurs alliés — dont des Américains — à travers les souterrains médiévaux du village, les muches, pour les aider à s’évader. Le 27 mai 1944, elle arracha le sergent Tourbier aux débris fumants de son avion abattu au-dessus de Caix.

Après-guerre, elle reprit sa vie simple : la dame aux sacs, parcourant le village, rendant service, soignant encore, se faisant parfois payer en œufs ou en salade. Elle s’éteignit en 1971, à quatre-vingt-dix ans, dans la discrétion qui avait toujours été la sienne. Elle repose au cimetière communal, dans son caveau familial qu’elle avait ouvert aux soldats sans famille pour les accueillir. Elle veille encore sur eux.

Pendant l’Occupation, cette femme discrète et apparemment inoffensive entra en résistance. Sous le pseudonyme de « Madame Deschamps », elle intégra un réseau de renseignement de l’Armée française. Elle observait, mémorisait, transmettait. Elle guida des aviateurs alliés — dont des Américains — à travers les souterrains médiévaux du village, les muches, pour les aider à s’évader. Le 27 mai 1944, elle arracha le sergent Tourbier aux débris fumants de son avion abattu au-dessus de Caix.

Après-guerre, elle reprit sa vie simple : la dame aux sacs, parcourant le village, rendant service, soignant encore, se faisant parfois payer en œufs ou en salade. Elle s’éteignit en 1971, à quatre-vingt-dix ans, dans la discrétion qui avait toujours été la sienne. Elle repose au cimetière communal, dans son caveau familial qu’elle avait ouvert aux soldats sans famille pour les accueillir. Elle veille encore sur eux.

Ecouter Lucie Morel : https://youtu.be/o-OlA6jrvx4

Lieutenant George Robin Cuttle (1895 – 1918) — L’Australien qui donna son nom à une ville

George Robin Cuttle était un colosse de plus de deux mètres, originaire d’Australie. Titulaire de la Military Cross, il intégra le Royal Flying Corps en 1917 comme observateur-mitrailleur au sein du 49e Escadron. Le 9 mai 1918, lors d’une mission de bombardement au-dessus de Péronne, son appareil fut attaqué par quatre chasseurs allemands. Son avion s’écrasa sur le territoire de Caix. George Robin Cuttle avait vingt-deux ans.

En mémoire de leur fils, la famille Cuttle donna son prénom à la nouvelle colonie qu’ils fondaient sur les rives du fleuve Murray en Australie : Robinvale. Vale Robin — Adieu Robin. Cette ville de deux mille habitants est aujourd’hui jumelée avec Villers-Bretonneux. Et en son cœur se trouve une place centrale : le Caix Square.

Lieutenant George Arthur Leckie (1894 – 1918) — Le pilote canadien

Canadien, pilote du 49e Escadron du Royal Flying Corps, George Arthur Leckie avait vingt-trois ans lorsque son appareil fut abattu le 9 mai 1918. Compagnon de vol de George Robin Cuttle, il fut tué sur le coup avec lui. Une stèle inaugurée il y a une dizaine d’années, rue du Pont à Caix, rappelle depuis lors le sacrifice de ces deux hommes venus du bout du monde pour défendre une terre qui n’était pas la leur.

Ecouter la chanson réalisé pour l’occcasion en leur honneur : https://youtu.be/8ilDafxd3FQ

Et la Bande déssinée : https://youtu.be/HF5hfjP-XyY

Le 23 avril 2026 — Une journée, de l’aube au crépuscule

Une matinée ouverte à tous

Dès 10 heures, la salle des fêtes et la bibliothèque ont ouvert leurs portes à un public nombreux et mêlé : familles, enfants, scolaires, curieux et passionnés d’histoire. Trois expositions y étaient présentées : le parcours de Lucie Morel, celui des lieutenants Cuttle et Leckie, et un panorama des soldats alliés sur le front occidental. Une exposition en bande dessinée — seize planches originales réalisées spécialement pour l’occasion par Jean-Michel Vanweydeveldt, JIEM Créations — a retenu l’attention de tous les âges.

L’auteur était présent pour un atelier échange et des dédicaces, offrant à chaque participant une plongée unique dans l’histoire de Lucie Morel à travers le dessin. À la bibliothèque, les ateliers familles et enfants ont animé la matinée : dessins de mémoire accrochés à l’Arbre de la Mémoire collectif, atelier infirmières d’hier et soignants d’aujourd’hui en costumes d’époque, parcours-jeu patrimonial dans le village. À 11 heures, le Band de Samarobriva — formation écossaise de cornemuses et percussions — a offert une aubade festive sur la place du village, enchantant petits et grands.

Le buffet du midi, servi dans la salle des fêtes, a réuni 120 convives autour d’un moment de convivialité chaleureux, grâce aux bénévoles qui s’étaient activés dans l’ombre. Pour l’occasion, Cédric Boucheron, boulanger-pâtissier aux Délices du Santerre à Rosières-en-Santerre, avait créé le Maon Caixois — gâteau battu au coquelicot, réalisé avec de la farine de la Baie de Somme, du miel local et des coquelicots d’Albert. Un vrai succès, très apprécié par les convives.

Les conférences — 14 heures, salle du Conseil

À 14 heures, la salle du Conseil s’est remplie pour les rencontres-conférences. Joël Romby et Marie-Paule Bonté, du Souvenir Français de Rosières-en-Santerre, ont retracé avec passion et précision le parcours de Lucie Morel, puis celui des deux aviateurs, en soulignant le lien si particulier et si méconnu qui unit Caix, l’Australie et le Canada. Une conférence saluée par l’assistance pour sa qualité et la richesse de ses sources.

Les cérémonies officielles — Un cortège à travers la mémoire de Caix

À 15 heures, le cortège s’est formé Place du 8 Mai, emmené par le Band de Samarobriva et conduit par Jacques Trobas, maître de cérémonie. Porte-drapeaux, Anciens Combattants, quatre jeunes de l’Escadrille Air Jeunesse de l’Armée de l’Air et de l’Espace, élus, délégations françaises et australiennes, et un public nombreux ont marché ensemble dans les rues du village.

Le premier arrêt s’est fait devant le Monument aux Morts. Au son de la sonnerie Aux Morts, deux des jeunes de l’Escadrille Air Jeunesse se sont avancés pour déposer une gerbe au pied du monument. Un geste sobre et fort, qui a ému l’assemblée.

1ère cérémonie — L’école des filles : plaque et panneau Lucie Morel

Devant l’ancienne école des filles — celle où Lucie Morel soignait les blessés il y a plus d’un siècle — la première cérémonie a réuni discours officiels, dépôts de gerbes et deux inaugurations : un panneau d’information retraçant la vie de Lucie Morel, et une plaque commémorative désormais apposée sur la façade du bâtiment.

Puis, à la surprise générale, une voix s’est élevée depuis les haut-parleurs. Une comédienne prêtait sa voix à Lucie Morel, lui permettant de s’adresser, pour la première fois depuis 1971, à son village. Le silence s’est installé dans l’assemblée. Beaucoup avaient les larmes aux yeux.

2ème cérémonie — La stèle Cuttle et Leckie

Le cortège a ensuite rejoint la stèle des deux aviateurs, rue du Pont. Après le dévoilement d’un panneau d’information dédié aux deux officiers, les discours officiels se sont succédé en français et en anglais, avant la lecture de l’Ode du Souvenir par la délégation australienne — ces vers de Laurence Binyon récités depuis plus d’un siècle dans toutes les cérémonies du Commonwealth.

Là encore, un moment de surprise : une musique créée spécialement pour cet hommage a retenti devant la stèle, saisissant l’assemblée. Vinrent ensuite les dépôts de gerbes, le Last Post, une minute de silence solennelle, le Rouse, la Marseillaise chantée a capella par le ténor Daniel Boizart, l’hymne australien Advance Australia Fair et l’hymne canadien O Canada. Un moment de recueillement international, rare et profondément émouvant.

3ème cérémonie — La tombe de Lucie Morel, au cimetière communal

La journée s’est achevée au cimetière communal, devant la tombe de Lucie Morel. Celle qui avait ouvert son caveau familial aux soldats sans famille repose aujourd’hui entourée d’eux, comme elle l’avait souhaité. Après une lecture en son honneur et les dépôts de gerbes officiels, chaque participant a eu la possibilité de déposer une rose sur sa tombe. Chacun s’est avancé en silence. Le Chant des Partisans, chanté a capella par Daniel Boizart, puis la Marseillaise en accompagnement, ont clos les cérémonies dans une émotion que peu oublieront.

Le pot de l’amitié, offert par la commune, a permis à tous de se retrouver autour du Maon Caixois et d’échanger les impressions d’une journée hors du commun.

Une mobilisation exceptionnelle

Cette journée n’aurait pas été ce qu’elle a été sans la mobilisation de très nombreux acteurs.

Ils étaient présents à Caix le 23 avril 2026 : • Les habitants de Caix et les communes voisines — plus de 250 personnes au total • La délégation australienne : famille Cuttle venue spécialement d’Australie, et Benjamin Daetwyler, directeur du Centre Sir John Monash (gouvernement australien) • Les représentants du Conseil Départemental de la Somme : Mme Margaux Delétré (Vice-Présidente) et Mme Françoise Maille-Barbare (Conseillère Départementale) • Les maires et élus des communes alentour : Méharicourt, Chaulnes, Rosières-en-Santerre, Lihons, Vauvillers, Franssart et d’autres • Les représentants de la Communauté de Communes Terre de Picardie et des offices de tourisme partenaires • Le Souvenir Français — comités de Rosières et de Corbie, Mémorial de Beaumont Hamel, Musée Harbonnière • Les Anciens Combattants, dont René, fidèle au poste • Les porte-drapeaux, venus de loin pour certains • Les 4 jeunes de l’Escadrille Air Jeunesse de l’Armée de l’Air et de l’Espace, et leurs encadrants • L’association De la Somme à Bellefontaine • Les bénévoles de l’association Caix au Cœur de l’Histoire, le Conseil Municipal, la première adjointe Clémence Soyez • L’agent communal Willy et bien d’autres…

Côté intervenants, Jacques Trobas a assuré le rôle de maître de cérémonie avec talent et sobriété. Joël Romby et Marie-Paule Bonté, présidente du Souvenir Français de Rosières-en-Santerre et cheville ouvrière de l’organisation depuis le premier jour, ont animé les conférences. Le ténor Daniel Boizart a interprété la Marseillaise et le Chant des Partisans a capella. Le Band de Samarobriva — formation de cornemuses et percussions — a accompagné les cortèges et offert l’aubade du matin. Stéphane Gadiffet a assuré la sonorisation avec précision. Jean-Michel Vanweydeveldt (JIEM Créations) a créé et signé la bande dessinée de la journée.

Un rayonnement jusqu’en Australie

La journée du 23 avril 2026 n’est pas restée entre les frontières de notre village. Channel 7 News Sydney — première chaîne de télévision australienne — était présente à Caix et a diffusé un reportage vu par des milliers de téléspectateurs de l’autre côté de la planète. Le Courrier Picard, France 3 Hauts-de-France, France Bleu Picardie et Ici Picardie ont également couvert l’événement.

La commune de Caix a reçu les remerciements directs de l’Ambassade d’Australie en France. La musique créée spécialement pour cet hommage a été tellement appréciée qu’elle sera utilisée au musée de la ville de Robinvale — cette ville australienne fondée en mémoire de George Robin Cuttle, où le Caix Square trône au cœur de la cité.

 « Cette journée a prouvé qu’un village de 710 habitants peut porter une grande histoire. Lucie Morel n’avait jamais cherché à être vue. Elle a veillé. À Caix, c’est maintenant nous qui veillons sur sa mémoire. » — Antoine Beauvois, Maire de Caix
250+ personnes présentes120 repas servis3 cérémonies officelles7 médias coverage1 reportage Australie10 mois de préparation

Un tremplin pour l’avenir de Caix

Cette journée n’est pas qu’un regard vers le passé. Elle ouvre des perspectives concrètes et durables. Les liens tissés avec l’Australie — la famille Cuttle, le Centre Sir John Monash de Villers-Bretonneux, la ville de Robinvale — sont appelés à se renforcer dans les années qui viennent. La visibilité acquise à l’échelle internationale contribuera à inscrire davantage encore Caix sur la carte du tourisme mémoriel de la Somme et des Hauts-de-France.

Lucie Morel, longtemps ignorée de la grande Histoire, mérite désormais sa place dans les livres, les musées et les esprits. Le panneau inauguré devant l’école des filles, la plaque commémorative, la bande dessinée, le livret biographique rédigé pour l’occasion — autant de traces durables qui permettront aux générations futures de comprendre qui elle était, et ce qu’elle a accompli.

Caix a montré le 23 avril que la mémoire est vivante ici. Qu’elle se transmet, qu’elle se partage, qu’elle unit les peuples par-delà les océans. Et que dans ce petit village du Santerre, on n’oublie pas.

L’hymne composé en leur mémoire est disponible sur YouTube : « Where the Sky Came Down — Là où le ciel les a rejoints », hymne bilingue créé spécialement pour la cérémonie du 23 avril 2026, en présence de la famille Cuttle venue d’Australie.

👉 https://www.youtube.com/watch?v=8ilDafxd3FQ

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